Alors que l’État entend désormais engager la réalisation de l’A412 entre Machilly et Thonon-les-Bains, notre fédération s’interroge sur la précipitation entourant ce projet. Contrairement au discours présentant l’autoroute comme largement approuvée, la consultation du public n’a pas fait apparaître une large majorité d’avis favorables. Avec plus de 3 200 contributions et des positions très partagées, elle témoigne au contraire d’un territoire profondément divisé sur l’opportunité de cette infrastructure.
L’autorisation environnementale récemment délivrée ne met par ailleurs pas fin aux contestations. Des recours sont toujours en cours, alors même que l’État semble vouloir avancer rapidement vers la réalisation du projet. Pour notre association, il serait pour le moins prématuré d’engager des opérations irréversibles alors que la situation juridique de l’A412 reste contestée. Le respect des procédures et l’examen des recours doivent primer sur toute volonté de précipiter le calendrier des travaux.
Le ferroviaire doit être considéré comme une véritable alternative
Surtout, l’A412 ne peut être considérée comme l’unique solution pour répondre aux besoins de mobilité du Chablais. Une alternative existe déjà : Les train empruntant la ligne ferroviaire du Chablais entre Annemasse et Évian-les-Bains.
Aujourd’hui à voie unique sur une grande partie de son parcours, avec des points de croisement qui limitent mécaniquement les possibilités d’augmentation des fréquences, cette ligne dispose pourtant d’un potentiel de développement considérable. La création de nouveaux points de croisement, l’amélioration des infrastructures et, à terme, le doublement de la voie permettrait d’augmenter fortement l’offre ferroviaire et de proposer une véritable alternative à la voiture individuelle.
Le développement de la ligne ferroviaire du Chablais doit donc être envisagé comme un projet de mobilité à part entière et non comme une simple mesure d’accompagnement de l’A412.
Avant de construire une nouvelle infrastructure routière, il est indispensable d’étudier jusqu’au bout les capacités de l’infrastructure ferroviaire existante et les investissements permettant de les augmenter.
On rajoute une nouvelle voie routière dans le Chablais alors que rien n’avance pour la réouverture des 17 km de la voie ferrée entre Evian et Saint Gingolph en Suisse, le chainon manquant autour du Lac Leman.
Cette section est fermée depuis 1998, elle permet pourtant de relier le Chablais français au Chablais suisse, qui lui est desservi par des trains toutes les heures depuis Saint Gingolph.
Nos demandes
Notre association demande la réouverture de la section Evian Saint Gigolph ainsi que l’augmentation des fréquences et le doublement progressif de la ligne Annemasse–Évian soient étudiés et financés à la hauteur des enjeux. Le Chablais a besoin de solutions de mobilité efficaces, diversifiées et durables, pas d’un projet présenté comme consensuel alors que le débat reste profondément partagé et que des recours sont encore en cours.